Ici et là ...

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vendredi 31 août 2007

Blue dragon : un old-school au pays des next gen

Il y a environ 3 ans, une nouvelle réjouissait le monde vidéo-ludique : Hironobu Sakaguchi, créateur de la célebre Saga Final Fantasy, créait son entreprise : mistwalker. Et il développerait sur next-gen. Playstation 3 pensions nous, et bien nous avions tord. Hironobu Sakaguchi a choisit la Xbox 360 pour développer ses prochains RPG. Et microsoft de se faire une joie d'avoir un développeur de RPG japonais de talent sur sa console !

Le temps passant, nous en avons appris un peu plus sur les projets de mistwalker. L'un d'eux se nommait blue dragon. Scenario par Hironobu Sakaguchi, Chara design par Akira Toriyama, musiques par Nobuo Uematsu. L'affiche est belle, et capable de beaucoup. Mais surtout, elle n'est pas neuve, et pour cause. Blue dragon est un RPG sur next gen, mais il n'a pas été conçut comme un RPG next gen en lui même. Comme le titre de cette critique l'indique, Blue dragon est un old school, à savourer comme un old school, et c'est sur cette base que l'on doit prendre le jeu, et en faire sa critique. Critique difficile d'ailleurs car l'impression qu'elle rendra sur le jeu sera différente selon que l'on détail point par point le jeu, ou qu'on en donne une vue d'ensemble.
Mais bon, maladresse oblige, je me vois dans l'obligation d'y aller point par point.

 

Commençons directement en mettant les pieds dans le plat, par ce qui caractérise le plus les RPG de maitre Sakaguchi : le scénario...
Old school ? Vous avez dit old school ? En effet, l'un des points les plus rétros du jeu est sans doute son scénario. Scénario classique s'il en est, il ne surprendra pas les adeptes de Final Fantasy, qui pourront même, à l'occasion, s'amuser à essayer de prévoir ce qu'il se passera dans la scène suivante, ou a quel moment se produira la prochaine scène. Comme ca a souvent été dit donc, le scénario est très classique et ne surprendra pas.
Pourtant, il faut le dire aussi, il est excellent. Car classique n'est pas forcément synonyme de mauvais, bien au contraire. S'il est prévisible, le scénario est très bien mené dans son dynamisme, l'intermittence des cut scènes est bien gérée (ni trop proches, ni trop éloignées), et la réalisation et la mise en scène sont vraiment excellente, à telle point qu'à elles seules, elles suffisent à rendre ce qui était prévisible en un moment unique, à vous transmettre de fortes émotions alors que vous vous doutiez bien que ca arriverait. Il est fort regrettable que des temps de chargement en plein milieu de ces cut scène viennent gâcher un tantinet l'émotion du moment.

 

Ceci m'offre d'ailleurs une transition (bancale) vers l'aspect musical du titre... Dans l'ensemble un peu décevant de la part d'Uematsu.
Non pas que la qualité des compositions ne soit pas au rendez-vous. On a là affaire à un Uematsu plutôt en forme, et bien que Blue Dragon ne soit surement pas l'oeuvre maitre de Nobuo, ce n'est pas la pire, loin de là. Parmis les bonnes choses de cette OST (que je critique dans le contexte du jeu uniquement), on notera la présence de musiques métal bien placées (quoi que parfois saoulantes au bout d'un moment). Il est claire que l'expérience black mage semble avoir décomplexé Uematsu à ce niveau là, et la diversification des musiques est plaisante. On notera aussi un thème chanté pour les boss qui donne vraiment envie de les massacrer et de les découper en petit morceau ensuite, et l'accompagnement musical des dernier boss est excellent (la musique du dernier boss est tout simplement succulente).
Pourquoi la bande son est elle décevante alors ? L'OST tient sur 2 CD, ce qui ne présageait pas d'une étoffe musicale très grande pour Blue dragon, et le résultat est là : les cut scènes sont bien souvent trop vide musicalement. Alors, oui, je sais, il y a les doublages, et évidemment, les doublages dispensent parfois de musique, de même que la musique n'est pas omniprésente au cinéma. Mais voila, il y a des moments ou effectivement il n'y a pas besoin de musique (et dans ces moments là, on y pense pas, naturellement), et des moments ou on attend une musique qui ne vient pas. Et quand la musique manque, ça se ressent, car une scène qui avait du potentiel émotionnel peut voir ce potentiel réduit par l'absence de musique. Ces cas ne sont pas rares dans Blue dragon, et il est assez courant de se dire "avec une musique, ca m'aurait tué". Voila ce que je juge décevant dans la bande son du jeu.
Un autre défaut, qui n'est sans doute pas dut à Uematsu, est la gestion du volume sonore des musiques, qui est tout à fait étrange. En effet, le volume est tout simplement variable, et l'on se retrouve souvent à jouer avec le volume parce que "un coup c'est trop fort, un coup ca l'est pas assez !". De même, la musique couvre parfois les voix au point qu'on ne les entende plus du tout... C'est un peu génant tout de même !
On pourra aussi considérer que les pistes qui ne sonnent pas rock sont trop Uematsiennes, mais c'est au jugement de chacun. D'un cotés, c'est l'esprit du jeu que chacun fasse ce qu'il a toujours fait, y compris Uematsu possible, de l'autre, c'est peut être trop ressemblant à certaines compositions passées de notre moustachu préféré !

 

Artistiquement parlant, là encore, beaucoup de choses ont été dites jusqu'à maintenant, beaucoup de critiques surtout, et il est vrais qu'il y a beaucoup à dire.
On ne peut parler du design de blue dragon sans évoquer évidemment Akira Toriyama et son chara design caractéristique. Là, évidemment, c'est au gout de chacun. Toriyama nous a offert un chara design stéréotypé pour des personnages stéréotypés dans un jeu stéréotypé, le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est cohérent, et pas raté. Shu à une bonne tête d'aventurier fonceur, Jiro à bien la tête de l'intello qui passe sa vie à réfléchir, Kluke ressemble à une jeune fille sortie de l'adolescence un peu prématurément, et le visage de Zola évoque bien le charisme et l'aspect un peu solitaire du personnage. Cotés méchants, on a beaucoup dit au sujet de Néné, "le méchant le moins charismatique du jeu vidéo", mais en réalité, il a également la tête de l'emploi... Non pas que le personnage de Néné manque de charisme, mais c'est plutôt que lorsqu'on le vois parler, il en jette, et on ne s'occupe plus de savoir si son design en jette, car c'est l'ensemble du personnage qui en jette (bon, attention, je dit pas que c'est le méchant le plus réussit du jeu vidéo, mais il est loin d'être raté)
Le design des monstres est lui aussi agréable. Parfois comiques, parfois charismatiques, ils ont également la tête de l'emploi.

 

Les décors quand à eux sont assez inégaux. Certain sont bien remplis, d'autres sont épurés, et d'autres sont vide. La différence entre un décors épuré et vide est ici importante à souligner car il m'a semblé trouver un peu des 2 dans blue dragon. Ainsi, certains décors sont conçut de manière à ce qu'ils soient relativement vides, et là, ça rend bien. Mais d'autres semblent vraiment trop vide et mériteraient quelques petits détails en plus. Si l'on veut titiller, on pourra aussi reprocher au jeu d'utiliser de manière trop récurrente le même élément de décors, mais bon ca devient maniaque d'en arriver là, et puis tant qu'à faire, ca rajoute un petit cotés old-school jusque dans le level designing comme ca !

 

Techniquement, par contre, le jeu pèche. Dans l'ensemble, graphiquement parlant, ce n'est pas mal réalisé, les animation de magies dans les combats sont très jolies (surtout les plus puissantes), les corporéelles sont somptueuses, la mise en scène des combats accroit encore le plaisir de la baston, la 3D est plutôt pas mal. Sauf que le blur est un petit peu hallucinant... Il est tellement omniprésent que si vous bidouillez la camera en la tournant dans tous les sens, vous arriverez a flouer l'intégralité de votre écran... De plus, on notera régulièrement des baisses de frame rate. Systématique lors des corporéelles, elles pourront se produire lorsque la console affichera vos 5 dragons en même temps en combat, et parfois même, sans que l'on comprenne vraiment pourquoi...

 

Au niveau des temps de chargement, je n'ai jamais été très regardant. Il y en a beaucoup, ca ne fait aucun doute, mais leur temps est acceptable, ils sont peut-être juste un petit peu long lors de l'entrée dans un donjon ou dans une ville... La où les temps de chargement dérangent, comme je l'avais dit plus haut, c'est quand ils s'intercalent entre des cut scènes. Ca, c'est limite insupportable. Quand un personnage viens de finir de parler, qu'il commence à faire une action, et que pour voir l'action, il faut attendre parfois plus d'une seconde en regardant une image figée, ca envoie en l'air une bonne partie de l'effet provoqué par la mise en scène... C'est d'autant plus dommage vu les talents de réalisation dont je parlais au début...

 

Au niveau du gameplay, on touche la encore au summum du old-school... Ou presque !
Le système d'évolution est presque exactement le même que celui de Final Fantasy 5. Les ombres peuvent apprendre des compétences dans différentes classes. Selon les classes, Les statistiques seront modifiées. Exactement comme Final Fantasy 5. Seule différence, on peut associer 4 compétences, et la classe généraliste nous permettra d'en associer jusque 8. Un ajout interessant au système qui le rend moins frustrant et plus strategique, même s'il a tendance homogénéiser un peu l'équipe.
Le système de combat rentre aussi dans le jeu old-school puisqu'il nous propose un tour par tour presque classique. Presque, car tout de même, une innovation de taille s'impose : la charge. L'idée est simple, charger la magie (ou l'attaque si l'on a la compétence pour), afin d'en augmenter les dégâts et/ou la porté. Fait interessant, la charge se présente sous forme de QTE et il faudra une certaine habileté pour arrêter la jauge précisément ou l'on veut (cette habileté pourra d'ailleurs s'appeler chance dans certain cas).
Enfin, autre innovation qui, cette fois, quitte le domaine du old school, la possibilité très intéressante de "commencer" le combat sur la carte. Très intéressante car un combat peut passer de difficile à enfantin si l'on maitrise bien tout cela.
Ainsi donc, on pourra s'amuser à essayer de prendre les monstres par derrière pour provoquer une attaque surprise et démarrer le combat à son avantage. Mais prendre les monstres de face n'est pas du tout une mauvaise solution. Au contraire, si l'on frappe un monstre lorsqu'il baisse sa garde, on peut provoquer une attaque frontale beaucoup plus intéressante.
Si l'on rajoute à cela la possibilité d'enchainer les monstres les uns après les autres (ce qui représente un gain de temps principalement), et le monster fight, on obtient un gameplay assez riche et passionnant en fin de compte.

 

Niveau difficulté, le jeu est assez étrange. Très facile tout du long à condition que vous battiez la plupart des monstres que vous rencontrerai, il m'a tout de même fallu faire pas mal de leveling et chopper pas mal d'équipement pour vaincre les derniers boss, étonnement coriaces par rapport aux autres. De même, le dernier donjon est truffé de monstres bien plus puissant que ce que l'on a rencontré avant, et l'on oublie assez rapidement le one shot de masse, courant jusqu'au DVD3, pour penser à la résurrections et aux monstres à tuer en priorité sous peine de mort !
Toutefois, aux lvl 55-60 avec de bons équipements, plus rien ne résistera à notre équipe et on pourra sauver le monde en paix.

 

En duré de vie, le scénario plus quelques quêtes annexes m'ont prit plus d'une quarantaine d'heure. J'estime la duré de vie totale du jeu autour de 70-80 heures si l'on veut monter tous ses persos et toutes ses ombres au lvl le plus élevé en ayant complété toutes les quêtes annexes.

Il reste à aborder le gros point noire de Blue dragon qui est sa localisation. On nous avait parlé d'une sortie en septembre, avancée en aout. Microsoft nous a surpris en nous annonçant donc un travail rapide de localisation. En réalité, nous devrions parler de travail bâclé.
Tout d'abord, on ne peut parler de localisation sans évoquer le tumulte de la sortie du jeu. Microsoft nous avait promis un choix entre les doublages français, japonais, et anglais, Sakaguchi nous l'avait confirmé, et au final, le choix se porte entre la langue italienne, anglaise, ou française... Langue Italienne totalement inutile qui plus est.
La version française est quasiment inécoutable, et je n'ait même pas essayé de la mettre tant les extraits entendus étaient odieux. La version anglaise, elle, est tout de même très agréable. Il faudra peut-être se faire un petit peu aux voix de Shu et Jiro, et certaines réactions peuvent sembler étranges parfois, mais l'ensemble m'a parut de très bonne qualité, particulièrement les voix de Kluke et de Zola, et un Néné qui ne s'est pas laissé emporté par le design, et qui a une voix qui consolide l'ensemble de a personne. Quand à Marumaro, difficile de juger un doublage quand le personnage lui même est sens être insupportable...
Et ce n'est pas tout... Sachant que Microsoft, comme Mistwalker, comptaient beaucoup sur l'Europe pour les ventes de blue dragon, on était en droit de s'attendre à une traduction de qualité... Cette qualité n'est pas au rendez-vous.
En effet, si, d'une manière littéraire, il n'y a rien d'abérant dans la traduction, on se rend assez souvent compte qu'elle n'exprime pas la même chose que les personnages... Allant parfois jusqu'à signifier une réaction totalement opposée à la réaction du personnage. Ceci laisse présager d'une traduction directe du japonais, adaptée différemment de la version anglaise, sauf que lorsque le personnage parle anglais, il vaut mieux la traduction de ce que dit le personnage, plutôt que de ce qu'il est sensé dire à la base.
On en arrive donc à des divergences de ce genre, on a aussi droit à des "oui" qui, étrangement, semble se traduire par une phrase entière en anglais plutôt que par Yes, et par moment, c'est tout simplement une phrase entière qui n'est pas traduite.
Les coupures de phrases (pour enchainer les sous-titres) sont également mal gérées, à tel point qu'il arrive qu'on ne comprenne rien puisqu'on a finalement une phrase coupée en 2 parties grammaticalement incohérentes, et que la suite arrive avant que l'on ait pu faire le lien en recollant les bouts...
Donc en conclusion, une localisation qui rappel un petit peu les premières localisations de Square-Enix sur playstation... Ce cotés old-school là, on s'en serait bien passé...

Alors, verdict ? Pas de note pour Blue dragon, on ne peut pas. Objectivement, le jeu présente un scénario classique, un gameplay classique, de jolis décors, parfois magnifique, mais pas exceptionnel quand on vois des Oblivion ou des Eternal sonata, un chara design classique, une bande son de qualité mais pas assez présente et au son étrangement géré, et des défauts techniques parfois vraiment lourd. Ca a pas l'air folichon tout ca...

 

Oui, mais voila. Blue dragon s'adresse à ceux qui, encore aujourd'hui, adorent mettre un Final Fantasy 9 (ou précédent) dans leur bonne vieille PSX pour revivre encore cette expérience unique, cette expérience de vivre au sein d'une histoire magique, riche, et envoutante, d'être immergé dans une ambiance fantastique et dans un monde dans lequel on aurait terriblement envie de vivre. Blue dragon fait revivre l'esprit Sakaguchi que l'on nommait autrefois l'esprit final fantasy. Cette magie qui nous fait aimer un jeu malgrès un gameplay pas toujours révolutionnaire. Ces scénarios basés toujours sur des principes assez similaires et pourtant tous différents et tous magiques à leur façon. Ces personnages stéréotypés qui nous rappellent ces bons vieux personnages auxquels on s'identifiait si bien avant.
Blue dragon sera donc apprécié par toute la génération qui a découvert le RPG sur PSX, ou avant. Il plaira sans doute aux neophites qui découvriront le genre avec un scénario facile d'accès et un gameplay simple et interessant. Difficile de dire par contre si les gens qui ont découvert le RPG avec un FF12 ou un autre RPG de cette génération apprécieront un tel soft.

Ce qui est sur, c'est que pendant une semaine, je n'ai pas pu decroché de ma console, au moindre temps libre, je voulais absoluement jouer, je voulais en finir avec Néné, je voulais battre des monstres, je voulais xp, et j'ai découvert blue dragon avec le même engouement que lorsque je decouvrait des RPG à l'époque, et blue dragon m'a offert les mêmes émotions que ce que je ressentait à l'époque.

Un jeu incontournable donc. Hironobu Sakagchi, Nobuo Uematsu et Akira Toriyama ont construit un magnifique monument à la gloire de la grande époque du RPG, époque dont ils étaient les principaux acteurs, époque aujourd'hui révolue. Il est temps maintenant de s'atteler à la construction du nouvel édifice nommé Mistwalker pour que renaisse la gloire d'un genre en crise depuis trop longtemps.

 

Première pierre : Lost Odyssey, début 2008.

Posté par Zangdar à 15:11 - le reste - Commentaires [0] - Permalien [#]

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